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"Faire son deuil" par Odile FUCHS

2 min de lecture

Comme chaque année, les vacances de la Toussaint annoncent la fête du même nom, et l’occasion de nous souvenir des défunts de nos familles.

Cette année, je me suis interrogée sur l’expression « faire son deuil ». D’où vient-elle ? Que veut-elle dire exactement ? Est-il vraiment possible de « faire » un deuil, et que dit cette formule de notre rapport à la mort ?

D’où vient le mot ?

« Deuil » vient du bas latin dolus « douleur », lui-même issu de dolere, « souffrir ». Le mot renvoie donc à la douleur, à l’affliction.

Faire son deuil, c’est laisser le temps à la souffrance de se vivre : ressentir et exprimer les émotions liées à la perte d’une personne aimée. C’est une traversée. La séparation n’est pas souhaitée, et pourtant il faut apprendre à vivre avec l’absence, sous peine de rester prisonnier de sa peine, avec des conséquences sur la santé mentale et physique.

faire son deuil odile fuchs

Un deuil qui se voyait

Dans nos sociétés occidentales, au 19e et au début du 20e siècle, le deuil était visible : on portait le noir pendant une durée fixée selon le lien de parenté avec le défunt. Cela rendait la perte visible et obligeait l’entourage au respect. Les veuves, elles, restaient souvent en noir toute leur vie, et tant pis pour celles qui aimaient la couleur !

Aujourd’hui, cette coutume n’est plus obligatoire, même si le noir reste la couleur des enterrements.

Y a-t-il un temps pour le deuil ?

Oui et non. Chacun entretient avec la mort un rapport très personnel, qui dépend de son histoire, de l’âge auquel il a perdu un proche, de sa culture et de ses croyances. Certaines pertes ne se referment jamais tout à fait, comme la mort d’un enfant : on apprend, (on essaie) alors à vivre avec.

Et nous vivons, en réalité, des pertes au quotidien : un projet qui n’aboutit pas, la maladie qui nous oblige à faire le deuil de qui nous étions, l’âge qui avance, la mort d’un animal de compagnie…

Ne sous-estimons jamais notre propre peine ou celle d’un proche, même si ce qui est perdu paraît futile à d’autres.

Ne pas y arriver n’est pas une faiblesse

Traverser les émotions inconfortables qui suivent une perte est inévitable pour continuer à vivre. Si cette souffrance nous plonge dans une grande détresse, acceptons d’être accompagné. Et si l’on ne parvient pas à « faire son deuil », ce n’est pas un signe de faiblesse : c’est plutôt la marque d’un attachement.

En ces jours où l’on pense à ceux qui nous ont quittés, je vous accueille à mon cabinet pour vous aider dans cette traversée.

Odile Fuchs

Villers-lès-Nancy

Par Odile FUCHS
Le 20 octobre 2026

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