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Feux d'artifice : la fête pour nous, la panique pour eux

Un ciel qui s'illumine, des « oh » et des « ah » dans la foule, une tradition festive bien ancrée… Vu de notre côté, le feu d'artifice est un moment de joie partagée. Mais changeons de perspective un instant. Pour un chien, un chat, un cheval, un hérisson ou un oiseau, ces mêmes minutes sont vécues comme une attaque incompréhensible : des détonations imprévisibles, des éclairs violents, des odeurs de poudre. Aucun moyen de comprendre, aucun moyen d'anticiper.

Chez Tibria, nous croyons qu'accompagner, c'est aussi élargir notre regard à celles et ceux qui partagent nos espaces de vie humains comme non-humains. Cet article est une invitation à prendre conscience de l'impact bien réel des feux d'artifice sur les animaux, et à découvrir que d'autres façons de célébrer existent déjà.

stop feux dartifice

Ce que vivent les animaux de compagnie

Les chiens et les chats entendent des fréquences bien plus élevées que les nôtres, et perçoivent des sons beaucoup plus lointains. Une détonation qui nous fait sursauter est, pour eux, une explosion assourdissante, répétée, aléatoire, impossible à situer.

Les conséquences sont documentées et bien connues des vétérinaires et des professionnel·les de l'accompagnement animalier :

  • Panique et fugues : chaque 14 juillet et chaque Nouvel An, les refuges et les réseaux d'entraide voient affluer les signalements d'animaux perdus, partis en courant sous l'effet de la terreur. Certains traversent des routes, se blessent, ou ne retrouvent jamais leur foyer.
  • Stress physiologique intense : tremblements, halètements, salivation, perte de contrôle des sphincters, refus de s'alimenter. Chez certains animaux âgés ou fragiles du cœur, le choc peut être fatal.
  • Traumatismes durables : un animal exposé à un épisode de panique peut développer une phobie des bruits qui s'aggrave d'année en année, et qui déborde ensuite sur l'orage, les claquements de porte, les bruits du quotidien.

Les chevaux et les animaux de ferme ne sont pas épargnés : affolements dans les prés, blessures contre les clôtures, avortements chez les femelles gestantes.

Et la faune sauvage ?

C'est la partie invisible du problème, celle dont personne n'est témoin, parce qu'elle se joue dans le noir, loin des spectateur·ices.

  • Les oiseaux quittent leurs dortoirs en masse au moment des tirs, parfois en pleine nuit, alors qu'ils volent mal dans l'obscurité. Des études par radar menées justement aux Pays-Bas ont montré des envols massifs et désordonnés chaque nuit du Nouvel An, avec des collisions, un épuisement des réserves d'énergie en plein hiver, et des nichées ou dortoirs abandonnés.
  • Les mammifères sauvages (chevreuils, renards, hérissons…) fuient dans la panique, traversent les routes, dépensent en quelques minutes une énergie précieuse — parfois vitale en période froide.
  • La pollution laissée derrière : au-delà du bruit, les feux d'artifice dispersent des particules fines, des métaux lourds et des déchets plastiques qui retombent dans les sols, les rivières et les zones naturelles, avec des effets durables sur les écosystèmes.

Une soirée de fête pour nous. Une nuit de survie pour eux.

chouette de nuit

Des pays commencent à dire stop

La bonne nouvelle, c'est que la prise de conscience avance et pas seulement dans les discours.

Aux Pays-Bas : une interdiction nationale votée

Les Pays-Bas viennent de franchir un cap historique. Après l'adoption d'une loi en avril 2025 interdisant la vente de feux d'artifice aux particuliers, le Sénat néerlandais a confirmé la mesure, que le gouvernement souhaite appliquer dès le Nouvel An 2026-2027. Cette décision met fin à une longue campagne portée par des médecins, des services d'urgence et des organisations citoyennes.

Ce qui est frappant, c'est le chemin parcouru : dix-neuf villes néerlandaises avaient déjà instauré des interdictions locales, souvent difficiles à faire respecter, la nouvelle loi donne enfin un cadre national. Et l'opinion publique suit : selon les sondages, entre 57 % et 64 % de la population soutient l'interdiction. Esther Ouwehand, figure du parti animaliste néerlandais qui portait cette demande depuis plus de vingt ans, a salué « une grande nouvelle pour les personnes et les animaux.

En Suisse : le peuple votera

En Suisse, c'est la démocratie directe qui s'empare du sujet. Une initiative populaire, déposée par des organisations de protection des animaux, demande une plus grande protection des personnes, des animaux et de l'environnement contre le bruit et les émissions des feux d'artifice. Toutes les catégories d'engins pyrotechniques seraient interdites, avec des exceptions possibles pour les grands événements suprarégionaux, sur dérogation des cantons.

Le Parlement avait tenté un contre-projet plus souple limité à l'interdiction des pétards, mais celui-ci a été rejeté en juin 2026. Le peuple suisse se prononcera donc directement sur l'initiative, lors de la votation du 29 novembre 2026. Et le soutien est déjà là : un sondage représentatif de gfs.bern indique que 68 % des électeur·ices soutiennent l'initiative, au-delà des clivages politiques.

Point important : il ne s'agit pas de supprimer la fête. Les feux d'artifice publics des grands événements, comme la fête nationale, pourraient continuer d'exister, tout comme les feux peu bruyants. Ce qui est visé, c'est l'usage privé, dispersé, incontrôlable, celui qui transforme chaque quartier en zone de détonations pendant des semaines.

Sources : frapp.ch / noticiasambientales.com / https://vert.eco/

célébrer autrement projection lumineuse

Célébrer autrement : c'est possible (et c'est déjà beau)

Renoncer aux détonations ne veut pas dire renoncer à l'émerveillement. Des alternatives existent et se développent partout :

  • Les spectacles de drones lumineux : des centaines de points de lumière qui dessinent des formes dans le ciel, en silence. De plus en plus de villes les adoptent.
  • Les feux d'artifice silencieux ou à faible bruit, déjà utilisés dans certaines communes soucieuses de leurs habitant·es à deux et quatre pattes.
  • Les projections lumineuses, mappings et lâchers de lumière qui transforment façades et paysages sans une seule explosion.

En attendant : protéger les animaux qui nous entourent

Tant que les feux d'artifice font partie de nos célébrations, quelques gestes simples peuvent faire une vraie différence pour les animaux de compagnie :

  1. Ne jamais emmener un animal à un feu d'artifice, même « habitué ».
  2. Le garder à l'intérieur les soirs à risque (14 juillet, Nouvel An, fêtes locales), fenêtres et volets fermés, avec un fond sonore familier (musique douce, télévision).
  3. Lui aménager un refuge : un endroit où il se sent en sécurité, sans le forcer à en sortir ni le surprotéger, rester calme est le meilleur message.
  4. Vérifier l'identification (puce, médaille) et sécuriser les sorties : c'est la période de l'année où les fugues explosent.
  5. Anticiper avec un·e professionnel·le si l'animal est déjà phobique : vétérinaires et comportementalistes peuvent proposer un accompagnement adapté, bien en amont de la date.

Et pour la faune sauvage, le geste le plus protecteur reste le plus simple : renoncer aux feux d'artifice privés, et privilégier les événements collectifs encadrés, ou mieux, les alternatives silencieuses.

calin lapin proteger

Élargir le cercle de notre attention

Ce que nous montrent les Pays-Bas et la Suisse, c'est qu'un changement culturel est en marche. Des traditions que l'on croyait intouchables peuvent évoluer quand une société choisit de prendre en compte toutes celles et tous ceux qu'elles affectent, y compris les êtres qui ne peuvent pas voter, pas témoigner, pas se plaindre.

Prendre conscience de notre impact sur le Vivant, ce n'est pas s'interdire de célébrer. C'est célébrer en conscience : choisir des fêtes qui rassemblent sans terroriser, qui émerveillent sans polluer, qui laissent derrière elles des souvenirs, pas des animaux perdus.

Cet article s'inscrit dans l'engagement de Tibria, en tant que société à mission, pour la sensibilisation aux enjeux sociétaux, à la cause animale et environnementale.

> Découvrez notre charte du bien-être animal

Par Equipe Tibria
Le 13 juillet 2026

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